Révolution !

Vincent Gouriou est photographe. Nous avons déjà exposé ensemble et allons de nouveau partager les murs de la galerie Catherine Houard de 30 octobre au 8 novembre 2014 dans le cadre du Mois de la Photo. Du 5 novembre au 21 décembre, il montrera des portraits de Femen à Brest, au Centre Atlantique de la Photographie “La vague#2″. Vincent m’a demandé d’écrire un texte sur son travail.

Inna - Femen © Vincent Gouriou

Inna – Femen © Vincent Gouriou – 2014

D’Ukraine arrivent des femmes blondes pour satisfaire les besoins sexuels et reproductifs de certains hommes occidentaux agacés par le manque de servilité de leurs compatriotes “dénaturées par le féminisme”.
D’Ukraine arrivent d’autres femmes blondes, des Femen. Puis des femmes brunes d’autres pays. Elles sont en guerre contre le patriarcat et leur tâche est immense, leur courage aussi. Pour être entendues, elles ont une arme redoutable : leurs seins.
Le corps des femmes est un enjeu marchand et politique. On apprend tôt aux filles à connaître les limites de leur territoire, et il se trouve qu’elles touchent celles d’une masculinité massivement construite par et pour le contrôle de ces frontières.
Dans l’espace occidental, leur corps est érotisé pour vendre des voitures, des tronçonneuses, amaigri et affaibli pour vendre des vêtements et des promesses de bonheur, manipulé pour faire cracher du cash, pornographié pour satisfaire l’industrie du luxe. Les Femen posent un acte de résistance. Elles retournent le stigmate et s’en arment : « Vous aimez nos seins ? Regardez et lisez ! ».
Elles sont sacrilèges. Elles montrent le caractère ignoble d’une coupe du monde de football qui sacrifie sur son autel des milliers de prostituées. Elles révèlent l’obscénité d’une église sexiste et de vicaires brutaux en faisant résonner les cloches de Notre-Dame. Elles dévoilent la violence de Civitas et d’une droite dure, homophobe. C’est ça. Elles dévoilent l’omniprésence et la puissance d’un système sécuritaire qui jaillit dès qu’elles arrivent, dès qu’elles crient, et on sait que les filles ne doivent pas crier, ne doivent pas déranger. Elles font convulser des politiques plus effrayés par leurs seins que par la puissance du FMI.
Oui, le corps des femmes est bien au centre des tentatives de contrôle et les Femen réveillent une conscience du corps.
Les photographes adorent les Femen. Il faut les voir lors de manifestations, sortant leur plus gros zoom pour « shooter » celles dont le corps est le plus conforme aux désirs des médias.
Vincent Gouriou n’est pas de ceux-là. Elles l’ont compris en voyant son travail. Vincent aime les instants calmes, intimes, silencieux, qui laissent le temps aux corps de se déposer, aux fatigues de se dissiper. Elles ont compris qu’elles pouvaient se reposer un instant avec lui, dans leur QG d’une banlieue parisienne, faire le point alors que les hématomes d’une action récente sont toujours visibles et juste avant un autre combat. L’activisme demande de la force, de l’énergie, de la colère.
Vincent est un homme qui résiste au formatage d’une masculinité dominante, à la norme, à l’identité forcée. Les Femen plantent leurs corps dans l’histoire des femmes et cassent cette nécessité de douceur qui leur est imposée. Alors un dialogue s’engage entre eux, naturellement, en dehors des codes imposés. Elles ne sourient pas, ne se déhanchent pas, ne minaudent pas. Elles se maquillent si elles le décident. Il ne leur impose rien et le mot War sur le corps de Inna devient une évidence sous le regard de Vincent. Il est là,  simplement, et leur colère devient la sienne, progressivement. Oui, il sait qu’il y a des guerres à mener pour les femmes et pour les hommes, qu’une révolution est nécessaire. Et il faut des images pour mener cette révolution. En voici.

Marie Docher

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La Une de Libération – Marie Docher by Plainpicture

liberation_docher2014

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Mois de la Photo à Paris 2014 – L’intime comme illusion

© Marie Docher

© Marie Docher – 2014

Le projet que j’avais initié pour le Mois de la Photo 2014 a été sélectionné par la Maison Européenne de la Photographie. Cette exposition qui fait partie du thème Au cœur de l’intime rassemble six
photographes qui présenteront leurs travaux à la galerie Catherine Houard du 31 octobre au 8 novembre 2014. Françoise Paviot est commissaire de cette exposition que nous avons intitulée L’intime comme illusion.
Les artistes sont Juliette Agnel, Carolle Benitah, Marie Docher, Diane Ducruet, Vincent Gouriou, Catherine Rebois.

Je présenterai Convictions intimes. Ce travail tente de rendre compte des liens étroits entre le politique et l’intime et ceci grâce à divers médias :
– neuf photographies sous le titre générique de Convictions intimes,
– une vidéo intitulée On est envahis,
– un livre préfacé par Elisabeth Lebovici qui paraît aux éditions iXe : Alors je suis devenue une Indien d’Amérique,
un coffret (16 x 12 cm) comprenant neuf tirages ainsi qu’un code d’accès au chargement de la vidéo.
En parallèle, j’aurai l’occasion de projeter les études vidéos réalisées en 2010 et intitulées Apprentissage de la tendresse.

J’espère vous voir pour échanger autour de ces travaux.
Coffret

Alors je suis devenue une Indien d'Amerique
Mois de la Photo à Paris 2014
L’intime comme illusion
31 octobre – 8 novembre 2014

Galerie Catherine Houard
15, rue Saint Benoit, Paris 6ème
M° Saint Germain

Vernissage le 30 octobre de 18 à 21 heures
Signatures des livres le samedi 8 novembre de 15 à 18 heures.

Si vous souhaitez nous aider pour la production de cette exposition, rendez-vous sur Proarti. Nous vous proposons des échanges intéressants à partir de 10 euros.
#crowdfunding

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Un inconnu surgit et vous offre… un texte.

Marie_Docher03En juin 2014, la galerie Imagineo exposait des photographes dans le cadre du projet Minimenta. J’étais revenue la veille d’un long voyage et me sentais décalée tout en répondant à quelques questions sur mon travail lors du vernissage. Un homme s’est approché de moi pour me demander si il pouvait écrire un texte sur Anima. Nous ne nous connaissions pas. J’ai compris qu’il était l’auteur d’une image et d’un titre qui m’avaient bouleversée quelques mois auparavant : en son absence. Je suis rentrée me reposer et ai plus ou moins pensé qu’il ne le ferait pas, que j’avais été assez peu disponible, flottante. Plus ou moins.
Et ce matin, son texte est arrivé, précis, riche, émouvant.
Il est .

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Exposition Collective Minimenta – 11 juin 2004 – Paris

Très heureuse d’avoir été invitée à participer à ce projet.

Minimenta

Minimenta

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juin 2014 – Exposition à Tokyo/Tokyo exhibition – June 2014

juin 2014 - Exposition à Tokyo/Tokyo exhibition - June 2014

Opening invitation.

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Dernière couverture de livre Docher/Plainpicture/Points

 
p445m754796_LA_SYMPHONIE_DES_SPECTRES_POINTS - copie

Photo prise dans le village de Chatrat, chez moi en Auvergne, un soir de brouillard, l’hiver.

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