Un point sur “l’Intime comme Illusion”, Mois de la Photo à Paris 2014

Capture d’écran 2014-10-31 à 14.25.23

Au coeur de l’intime, au coeur du problème.

Merci à France Fine Art pour avoir réalisé cette interview une heure après le décrochage des œuvres de Diane Ducruet.

Posted in Edition | Leave a comment

Jean-Luc Monterosso, où êtes-vous ?

Mur après le décrochage de l’œuvre de Diane Ducruet

Jean-Luc Monterosso, où êtes-vous ?
Nous vous avons attendu hier soir, lors de notre vernissage L’intime comme illusion à la Galerie Catherine Houard. Nous avions besoin de vous, ou d’un représentant de la MEP. Nous avions besoin de soutien, d’aide et cependant, dans la tournée des vernissages que les responsables du Mois de la Photo font, vous nous avez oublié.es. Et pourtant, c’est bien ici que se jouait un des enjeux de l’intime, un des trois thèmes du festival dans le cadre duquel vous avez sélectionné notre projet.

Il y a un an, j’ai rassemblé six photographes pour travailler sur ce sujet, dont Diane Ducruet. Elle a un travail exigeant sur le thème de la famille, un des lieux de construction de l’intime, et son travail m’a semblé indispensable.
Mercredi soir, nous avons déposé nos travaux à la galerie qui avait reçu des lettres à l’attention de l’artiste, de la galeriste, de Françoise Paviot, curatrice de l’exposition, de Jean-Louis Pinte, délégué artistique en charge du thème à l’adresse de la MEP. Ces lettres, au nombre de sept, reprenaient un modèle émis par une personne et repris à l’identique par six autres. Elles demandaient le retrait du travail de Diane Ducruet. Les lettres étaient signées et un espace prévu pour les commentaires laissait libre cours aux peurs et fantasmes de leurs auteurs. On y trouvait les mots “hérésie”, “inceste”, “pédophilie”… litanie entendue ad nauseam lors de manifestations roses et bleues.
La propriétaire de la galerie était à New York et son assistante l’a logiquement prévenue. Lorsque nous sommes arrivé.es pour accrocher hier matin, le 30 octobre, celle-ci nous a annoncé que la galeriste était inquiète et ne voulait pas que Diane Ducruet accroche son travail. Décalage horaire, vernissage à 18 heures, stress, mail de Diane à Catherine Houard lui demandant de réexaminer la situation… Nous installons le superbe quadriptyque au cas où elle changerait d’avis. C’est à 16 heures que la galeriste a confirmé à son assistante sa décision, après vous avoir appelé et pris conseil auprès de vous. Diane Ducruet devait décrocher. Le mur est resté vide et le restera jusqu’au 8 novembre, date de la fin de l’exposition. Elle n’a toujours reçu aucun message de soutien de la MEP.

Que Catherine Houard, qui ne nous représente pas mais a accepté de nous prêter sa galerie, refuse d’y exposer une œuvre, c’est son choix. Mais que la MEP soutienne une telle décision pourrait laisser croire que vous ne soutenez pas les artistes qui sont dans votre catalogue et acceptez la censure vulgaire et répugnante de quelques personnes.
Vous savez ce que représente une année de travail pour un.e artiste : du temps, du travail, des doutes, des investissements financiers. Vous savez ce que représente une exposition pour un.e artiste : la confrontation avec un public et la possibilité de vendre et ainsi rembourser ses frais, rarement plus. C’est ça aussi la réalité des photographes !

Sept personnes ont décidé, sans connaître le travail, de le censurer et de refuser à Diane Ducruet d’exposer. Vous qui défendez les photographes, il est encore temps de le prouver en exposant l’œuvre censurée à la MEP, en bonne place, durant tout le Mois de la Photo, et en expliquant clairement pourquoi vous le faites. Nous sommes persuadé.es que vous avez à cœur de défendre la liberté d’expression et la liberté de travailler.
Nous publierons ici la suite que vous voudrez bien donner à cet épisode navrant. Vous avez nos coordonnées au secrétariat du Mois de la Photo.

Marie Docher

Mère Fille - Diane Ducruet - 2014 - Exposé 1 heure le 30 octobre 2014 puis décroché.

Mère Fille – Diane Ducruet – 2014 – Exposé durant une heure le 30 octobre 2014 puis décroché.

lettre

Posted in exhibition, Exposition | Tagged , , , | 4 Comments

Révolution !

Vincent Gouriou est photographe. Nous avons déjà exposé ensemble et allons de nouveau partager les murs de la galerie Catherine Houard de 30 octobre au 8 novembre 2014 dans le cadre du Mois de la Photo. Du 5 novembre au 21 décembre, il montrera des portraits de Femen à Brest, au Centre Atlantique de la Photographie “La vague#2″. Vincent m’a demandé d’écrire un texte sur son travail.

Inna - Femen © Vincent Gouriou

Inna – Femen © Vincent Gouriou – 2014

D’Ukraine arrivent des femmes blondes pour satisfaire les besoins sexuels et reproductifs de certains hommes occidentaux agacés par le manque de servilité de leurs compatriotes “dénaturées par le féminisme”.
D’Ukraine arrivent d’autres femmes blondes, des Femen. Puis des femmes brunes d’autres pays. Elles sont en guerre contre le patriarcat et leur tâche est immense, leur courage aussi. Pour être entendues, elles ont une arme redoutable : leurs seins.
Le corps des femmes est un enjeu marchand et politique. On apprend tôt aux filles à connaître les limites de leur territoire, et il se trouve qu’elles touchent celles d’une masculinité massivement construite par et pour le contrôle de ces frontières.
Dans l’espace occidental, leur corps est érotisé pour vendre des voitures, des tronçonneuses, amaigri et affaibli pour vendre des vêtements et des promesses de bonheur, manipulé pour faire cracher du cash, pornographié pour satisfaire l’industrie du luxe. Les Femen posent un acte de résistance. Elles retournent le stigmate et s’en arment : « Vous aimez nos seins ? Regardez et lisez ! ».
Elles sont sacrilèges. Elles montrent le caractère ignoble d’une coupe du monde de football qui sacrifie sur son autel des milliers de prostituées. Elles révèlent l’obscénité d’une église sexiste et de vicaires brutaux en faisant résonner les cloches de Notre-Dame. Elles dévoilent la violence de Civitas et d’une droite dure, homophobe. C’est ça. Elles dévoilent l’omniprésence et la puissance d’un système sécuritaire qui jaillit dès qu’elles arrivent, dès qu’elles crient, et on sait que les filles ne doivent pas crier, ne doivent pas déranger. Elles font convulser des politiques plus effrayés par leurs seins que par la puissance du FMI.
Oui, le corps des femmes est bien au centre des tentatives de contrôle et les Femen réveillent une conscience du corps.
Les photographes adorent les Femen. Il faut les voir lors de manifestations, sortant leur plus gros zoom pour « shooter » celles dont le corps est le plus conforme aux désirs des médias.
Vincent Gouriou n’est pas de ceux-là. Elles l’ont compris en voyant son travail. Vincent aime les instants calmes, intimes, silencieux, qui laissent le temps aux corps de se déposer, aux fatigues de se dissiper. Elles ont compris qu’elles pouvaient se reposer un instant avec lui, dans leur QG d’une banlieue parisienne, faire le point alors que les hématomes d’une action récente sont toujours visibles et juste avant un autre combat. L’activisme demande de la force, de l’énergie, de la colère.
Vincent est un homme qui résiste au formatage d’une masculinité dominante, à la norme, à l’identité forcée. Les Femen plantent leurs corps dans l’histoire des femmes et cassent cette nécessité de douceur qui leur est imposée. Alors un dialogue s’engage entre eux, naturellement, en dehors des codes imposés. Elles ne sourient pas, ne se déhanchent pas, ne minaudent pas. Elles se maquillent si elles le décident. Il ne leur impose rien et le mot War sur le corps de Inna devient une évidence sous le regard de Vincent. Il est là,  simplement, et leur colère devient la sienne, progressivement. Oui, il sait qu’il y a des guerres à mener pour les femmes et pour les hommes, qu’une révolution est nécessaire. Et il faut des images pour mener cette révolution. En voici.

Marie Docher

Posted in Edition, exhibition, Exposition | Tagged | Leave a comment

La Une de Libération – Marie Docher by Plainpicture

liberation_docher2014

Image | Posted on by | Tagged | Leave a comment

Mois de la Photo à Paris 2014 – L’intime comme illusion

© Marie Docher

© Marie Docher – 2014

Le projet que j’avais initié pour le Mois de la Photo 2014 a été sélectionné par la Maison Européenne de la Photographie. Cette exposition qui fait partie du thème Au cœur de l’intime rassemble six
photographes qui présenteront leurs travaux à la galerie Catherine Houard du 31 octobre au 8 novembre 2014. Françoise Paviot est commissaire de cette exposition que nous avons intitulée L’intime comme illusion.
Les artistes sont Juliette Agnel, Carolle Benitah, Marie Docher, Diane Ducruet, Vincent Gouriou, Catherine Rebois.

Je présenterai Convictions intimes. Ce travail tente de rendre compte des liens étroits entre le politique et l’intime et ceci grâce à divers médias :
– neuf photographies sous le titre générique de Convictions intimes,
– une vidéo intitulée On est envahis,
– un livre préfacé par Elisabeth Lebovici qui paraît aux éditions iXe : Alors je suis devenue une Indien d’Amérique,
un coffret (16 x 12 cm) comprenant neuf tirages ainsi qu’un code d’accès au chargement de la vidéo.
En parallèle, j’aurai l’occasion de projeter les études vidéos réalisées en 2010 et intitulées Apprentissage de la tendresse.

J’espère vous voir pour échanger autour de ces travaux.
Coffret

Alors je suis devenue une Indien d'Amerique
Mois de la Photo à Paris 2014
L’intime comme illusion
31 octobre – 8 novembre 2014

Galerie Catherine Houard
15, rue Saint Benoit, Paris 6ème
M° Saint Germain

Vernissage le 30 octobre de 18 à 21 heures
Signatures des livres le samedi 8 novembre de 15 à 18 heures.

Si vous souhaitez nous aider pour la production de cette exposition, rendez-vous sur Proarti. Nous vous proposons des échanges intéressants à partir de 10 euros.
#crowdfunding

Posted in exhibition, Exposition | Tagged , , , , , , | 2 Comments

Un inconnu surgit et vous offre… un texte.

Marie_Docher03En juin 2014, la galerie Imagineo exposait des photographes dans le cadre du projet Minimenta. J’étais revenue la veille d’un long voyage et me sentais décalée tout en répondant à quelques questions sur mon travail lors du vernissage. Un homme s’est approché de moi pour me demander si il pouvait écrire un texte sur Anima. Nous ne nous connaissions pas. J’ai compris qu’il était l’auteur d’une image et d’un titre qui m’avaient bouleversée quelques mois auparavant : en son absence. Je suis rentrée me reposer et ai plus ou moins pensé qu’il ne le ferait pas, que j’avais été assez peu disponible, flottante. Plus ou moins.
Et ce matin, son texte est arrivé, précis, riche, émouvant.
Il est .

Posted in exhibition | Tagged , , | 1 Comment

Exposition Collective Minimenta – 11 juin 2004 – Paris

Très heureuse d’avoir été invitée à participer à ce projet.

Minimenta

Minimenta

Ima2014-S-Aff-Carte-FB.indd

Posted in exhibition, representation | Leave a comment