On est envahis – 2014

On est envahis

On est envahis – © Marie Docher 2014

J’ai mis en ligne la vidéo réalisée dans le cadre de mon travail Convictions intimes. Outre sa place dans le trio photographie-vidéo-livre qu’il m’aura fallu mobiliser pour rendre compte de l’année 2013, cette vidéo intitulée On est envahis constitue un document assez représentatif d’une parole publique réactionnaire qui a profondément marqué de nombreuses personnes. C’est pourquoi je la mets gratuitement à disposition en ligne.
Elle fait contrepoint au livre Alors je suis devenue une Indien d’Amérique publié aux Editions iXe. La vidéo, la préface d’Elisabeth Leibovici et de bonnes feuilles sont à découvrir sur leur site. Attention : il n’y a pas de bande-son.

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L’intime comme illusion… suite

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Comme annoncé, je suis allée rencontrer hier soir Jean-Luc Monterosso avec Diane Ducruet à la Maison Européenne de la Photographie. L’entretien a été intéressant à bien des égards. Nous sommes tous trois convenus qu’il fallait prendre du temps et du recul. Il ressort que le directeur de la MEP et Diane Ducruet ont pris date pour envisager les conditions d’exposition de façon optimale. L’objectif  n’est pas de seulement accrocher une oeuvre qui fait encore l’objet de multiples commentaires violents sur les réseaux sociaux, mais de la remettre dans son contexte. Date est prise également pour élaborer une conférence-débat sur les enjeux mis une fois de plus en lumière par cet épisode. Des bases sont posées pour le premier trimestre 2015 et j’ai hâte de me mettre au travail en collaboration avec la MEP.

Aujourd’hui, dernier jour et signature des livres d’artistes de L’intime comme illusion, de 13 à 18 heures à la Galerie Catherine Houard. Jean-Luc Monterosso visitera l’exposition, la plus courte du Mois de la Photo et qui aura montré à quel point l’intime est un sujet complexe et très politique.

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Encore deux jours pour voir “L’intime comme illusion”

Intime comme illusionSi cette exposition est la plus courte du Mois de la Photo, c’est aussi celle qui a déclenché certainement le plus de commentaires et d’articles sur le décrochage de l’œuvre de Diane Ducruet. Celle-ci fait partie d’un ensemble cohérent de travaux de six photographes dont Françoise Paviot a assuré le commissariat. Son absence renforce cette cohérence car elle montre bien que l’intime est un enjeux personnel et politique et que le sujet peut encore susciter bien des remous et des réflexions. J’y serai ce vendredi après-midi de 14:30 à 17:00 avant le rendez-vous à la Maison Européenne de la Photographie et demain, à partir de 13:00 nous signerons nos livres avant de décrocher à 18:00.
Venez nous voir, échanger. Il y a encore beaucoup de choses à élaborer ensemble sur ce sujet.
Galerie Catherine Houard – 15 rue Saint Benoit, 75006 Paris. M° Saint Germain
L’intime comme illusion
Juliette Agnel, Carolle Bénitah, Marie Docher, Diane Ducruet, Vincent Gouriou, Catherine Rebois.

Marie Docher
Alors je suis devenue une Indien d’Amérique
Editions iXe
http://www.editions-ixe.fr/node/181

Diane Ducruet
Family Games
Caillou bleu
http://www.dianeducruet.com/#!publication/c1jqx

Catherine Rebois
Corps Lato Sensu
Trans Photographic Press
http://www.paris-art.com/editeur-design/-corps-lato-sensu/catherine-rebois/3374.html

Juliette Agnel
Coréennes
Autoédition

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“L’intime comme illusion” et le retour de Jean Luc Monterosso

Alors que ce blog ne reçoit qu’une dizaine de visiteurs par semaine, le compteur s’est envolé pour atteindre plus de 4 000 visites depuis vendredi et ceci suite suite à mon billet : Jean-Luc Monterosso, où êtes-vous ?.
Je viens d’avoir Jean-Luc Monterosso au téléphone et avons ensemble dénoué les fils de cet épisode. Sur le départ pour le Brésil au moment de la réception des lettres demandant le retrait du travail, c’est dans l’urgence et le manque d’information que les décisions ont été prises. Il n’est pas question pour lui de vouloir exercer une censure et nous nous rencontrerons à son retour : il fera des propositions à Diane Ducruet.
Ce qui s’est passé est intéressant, et j’espère que les discussions et débats qui ont émergé ici et là seront productifs. Si le billet précédent a eu tant d’audience, cela montre que fort heureusement, beaucoup de gens sont vigilants sur la censure. Mais cet évènement est également révélateur des peurs qui circulent, sont entretenues par de grossiers mensonges depuis deux ans d’un côté, et de multiples lâchetés de l’autre.
Je suis convaincue que Jean-Luc Monterosso et Diane Ducruet sauront trouver un accord.
Vous pouvez venir parler de tout ça samedi 8 novembre 2014 de 13 à 18 heures à la galerie Catherine Houard qui nous a gracieusement prêté sa galerie. Nous y serons pour signer nos livres.

Marie Docher

Marie Docher
Alors je suis devenue une Indien d’Amérique
Editions iXe
http://www.editions-ixe.fr/node/181

Diane Ducruet
Family Games
Caillou bleu
http://www.dianeducruet.com/#!publication/c1jqx

Catherine Rebois
Corps Lato Sensu
Trans Photographic Press
http://www.paris-art.com/editeur-design/-corps-lato-sensu/catherine-rebois/3374.html

Juliette Agnel
Coréennes
Autoédition

Texte de Françoise Paviot, curatrice de l’exposition

Galerie Catherine Houard

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Un point sur “l’Intime comme Illusion”, Mois de la Photo à Paris 2014

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Au coeur de l’intime, au coeur du problème.

Merci à France Fine Art pour avoir réalisé cette interview une heure après le décrochage des œuvres de Diane Ducruet.

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Jean-Luc Monterosso, où êtes-vous ?

Mur après le décrochage de l’œuvre de Diane Ducruet

Jean-Luc Monterosso, où êtes-vous ?
Nous vous avons attendu hier soir, lors de notre vernissage L’intime comme illusion à la Galerie Catherine Houard. Nous avions besoin de vous, ou d’un représentant de la MEP. Nous avions besoin de soutien, d’aide et cependant, dans la tournée des vernissages que les responsables du Mois de la Photo font, vous nous avez oublié.es. Et pourtant, c’est bien ici que se jouait un des enjeux de l’intime, un des trois thèmes du festival dans le cadre duquel vous avez sélectionné notre projet.

Il y a un an, j’ai rassemblé six photographes pour travailler sur ce sujet, dont Diane Ducruet. Elle a un travail exigeant sur le thème de la famille, un des lieux de construction de l’intime, et son travail m’a semblé indispensable.
Mercredi soir, nous avons déposé nos travaux à la galerie qui avait reçu des lettres à l’attention de l’artiste, de la galeriste, de Françoise Paviot, curatrice de l’exposition, de Jean-Louis Pinte, délégué artistique en charge du thème à l’adresse de la MEP. Ces lettres, au nombre de sept, reprenaient un modèle émis par une personne et repris à l’identique par six autres. Elles demandaient le retrait du travail de Diane Ducruet. Les lettres étaient signées et un espace prévu pour les commentaires laissait libre cours aux peurs et fantasmes de leurs auteurs. On y trouvait les mots “hérésie”, “inceste”, “pédophilie”… litanie entendue ad nauseam lors de manifestations roses et bleues.
La propriétaire de la galerie était à New York et son assistante l’a logiquement prévenue. Lorsque nous sommes arrivé.es pour accrocher hier matin, le 30 octobre, celle-ci nous a annoncé que la galeriste était inquiète et ne voulait pas que Diane Ducruet accroche son travail. Décalage horaire, vernissage à 18 heures, stress, mail de Diane à Catherine Houard lui demandant de réexaminer la situation… Nous installons le superbe quadriptyque au cas où elle changerait d’avis. C’est à 16 heures que la galeriste a confirmé à son assistante sa décision, après vous avoir appelé et pris conseil auprès de vous. Diane Ducruet devait décrocher. Le mur est resté vide et le restera jusqu’au 8 novembre, date de la fin de l’exposition. Elle n’a toujours reçu aucun message de soutien de la MEP.

Que Catherine Houard, qui ne nous représente pas mais a accepté de nous prêter sa galerie, refuse d’y exposer une œuvre, c’est son choix. Mais que la MEP soutienne une telle décision pourrait laisser croire que vous ne soutenez pas les artistes qui sont dans votre catalogue et acceptez la censure vulgaire et répugnante de quelques personnes.
Vous savez ce que représente une année de travail pour un.e artiste : du temps, du travail, des doutes, des investissements financiers. Vous savez ce que représente une exposition pour un.e artiste : la confrontation avec un public et la possibilité de vendre et ainsi rembourser ses frais, rarement plus. C’est ça aussi la réalité des photographes !

Sept personnes ont décidé, sans connaître le travail, de le censurer et de refuser à Diane Ducruet d’exposer. Vous qui défendez les photographes, il est encore temps de le prouver en exposant l’œuvre censurée à la MEP, en bonne place, durant tout le Mois de la Photo, et en expliquant clairement pourquoi vous le faites. Nous sommes persuadé.es que vous avez à cœur de défendre la liberté d’expression et la liberté de travailler.
Nous publierons ici la suite que vous voudrez bien donner à cet épisode navrant. Vous avez nos coordonnées au secrétariat du Mois de la Photo.

Marie Docher

Mère Fille - Diane Ducruet - 2014 - Exposé 1 heure le 30 octobre 2014 puis décroché.

Mère Fille – Diane Ducruet – 2014 – Exposé durant une heure le 30 octobre 2014 puis décroché.

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Révolution !

Vincent Gouriou est photographe. Nous avons déjà exposé ensemble et allons de nouveau partager les murs de la galerie Catherine Houard de 30 octobre au 8 novembre 2014 dans le cadre du Mois de la Photo. Du 5 novembre au 21 décembre, il montrera des portraits de Femen à Brest, au Centre Atlantique de la Photographie “La vague#2″. Vincent m’a demandé d’écrire un texte sur son travail.

Inna - Femen © Vincent Gouriou

Inna – Femen © Vincent Gouriou – 2014

D’Ukraine arrivent des femmes blondes pour satisfaire les besoins sexuels et reproductifs de certains hommes occidentaux agacés par le manque de servilité de leurs compatriotes “dénaturées par le féminisme”.
D’Ukraine arrivent d’autres femmes blondes, des Femen. Puis des femmes brunes d’autres pays. Elles sont en guerre contre le patriarcat et leur tâche est immense, leur courage aussi. Pour être entendues, elles ont une arme redoutable : leurs seins.
Le corps des femmes est un enjeu marchand et politique. On apprend tôt aux filles à connaître les limites de leur territoire, et il se trouve qu’elles touchent celles d’une masculinité massivement construite par et pour le contrôle de ces frontières.
Dans l’espace occidental, leur corps est érotisé pour vendre des voitures, des tronçonneuses, amaigri et affaibli pour vendre des vêtements et des promesses de bonheur, manipulé pour faire cracher du cash, pornographié pour satisfaire l’industrie du luxe. Les Femen posent un acte de résistance. Elles retournent le stigmate et s’en arment : « Vous aimez nos seins ? Regardez et lisez ! ».
Elles sont sacrilèges. Elles montrent le caractère ignoble d’une coupe du monde de football qui sacrifie sur son autel des milliers de prostituées. Elles révèlent l’obscénité d’une église sexiste et de vicaires brutaux en faisant résonner les cloches de Notre-Dame. Elles dévoilent la violence de Civitas et d’une droite dure, homophobe. C’est ça. Elles dévoilent l’omniprésence et la puissance d’un système sécuritaire qui jaillit dès qu’elles arrivent, dès qu’elles crient, et on sait que les filles ne doivent pas crier, ne doivent pas déranger. Elles font convulser des politiques plus effrayés par leurs seins que par la puissance du FMI.
Oui, le corps des femmes est bien au centre des tentatives de contrôle et les Femen réveillent une conscience du corps.
Les photographes adorent les Femen. Il faut les voir lors de manifestations, sortant leur plus gros zoom pour « shooter » celles dont le corps est le plus conforme aux désirs des médias.
Vincent Gouriou n’est pas de ceux-là. Elles l’ont compris en voyant son travail. Vincent aime les instants calmes, intimes, silencieux, qui laissent le temps aux corps de se déposer, aux fatigues de se dissiper. Elles ont compris qu’elles pouvaient se reposer un instant avec lui, dans leur QG d’une banlieue parisienne, faire le point alors que les hématomes d’une action récente sont toujours visibles et juste avant un autre combat. L’activisme demande de la force, de l’énergie, de la colère.
Vincent est un homme qui résiste au formatage d’une masculinité dominante, à la norme, à l’identité forcée. Les Femen plantent leurs corps dans l’histoire des femmes et cassent cette nécessité de douceur qui leur est imposée. Alors un dialogue s’engage entre eux, naturellement, en dehors des codes imposés. Elles ne sourient pas, ne se déhanchent pas, ne minaudent pas. Elles se maquillent si elles le décident. Il ne leur impose rien et le mot War sur le corps de Inna devient une évidence sous le regard de Vincent. Il est là,  simplement, et leur colère devient la sienne, progressivement. Oui, il sait qu’il y a des guerres à mener pour les femmes et pour les hommes, qu’une révolution est nécessaire. Et il faut des images pour mener cette révolution. En voici.

Marie Docher

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